Une cheminée inutilisée n’est jamais vraiment inoffensive. En plus de laisser échapper la chaleur et de faire grimper la facture de chauffage, elle peut devenir un point d’entrée pour l’air froid, l’humidité… ou même des nuisibles. Mal condamnée, elle peut aussi poser des risques pour la sécurité, comme le refoulement de monoxyde ou un départ d’incendie.

Faut-il boucher une cheminée ou la condamner définitivement ? Et comment s’y prendre sans nuire à l’isolation, à l’étanchéité ou à l’esthétique de votre maison ? Voici un guide pour fermer une cheminée ouverte efficacement, en toute sécurité.

Pourquoi condamner une cheminée ?

Condamner une cheminée peut répondre à plusieurs objectifs, souvent combinés.

Thermique et confort

L’ouverture d’un conduit de cheminée, même inutilisé, permet à l’air chaud de s’échapper et à l’air froid de s’infiltrer, créant des ponts thermiques. En fermant une cheminée ouverte, vous améliorez le rendement énergétique de votre logement et réduisez les pertes de chaleur.

Pratique

Nombre de propriétaires cessent d’utiliser leur foyer au bois au profit d’autres systèmes de chauffage (thermopompe, gaz naturel, etc.). La condamnation de la cheminée devient alors une étape logique pour valoriser l’espace intérieur, notamment si le foyer est décoratif ou inutile.

Sécurité

Une cheminée non scellée peut devenir un point d’entrée pour l’eau de pluie, les courants d’air, les oiseaux ou les rongeurs. De plus, l’accumulation de suie et de résidus de combustion présente un risque d’incendie s’il y a un retour d’utilisation accidentel.

Réglementation et assurances

Certaines compagnies d’assurance exigent que les cheminées inutilisées soient correctement isolées et condamnées. Ne pas le faire peut entraîner une augmentation de prime ou un refus d’indemnisation en cas de sinistre lié.

Comment condamner une cheminée inutilisée ?

Selon vos objectifs et le type de cheminée, plusieurs méthodes s’offrent à vous. Voici les principales, classées par niveau d’intervention.

Condamnation par l’intérieur

Cette solution est réversible et idéale si vous souhaitez conserver la possibilité d’utiliser la cheminée plus tard.

  • Isolation thermique : Insérez un matelas de laine de roche ou de laine minérale à l’intérieur du conduit. Ce matériau résistant à la chaleur prévient les pertes d’énergie tout en empêchant les infiltrations d’air.
  • Fermeture physique : Fabriquez un bouchon à l’aide d’un cadre en tasseaux et d’un panneau de contreplaqué. Fixez-le solidement dans l’ouverture du foyer.
  • Finition esthétique : Pour dissimuler le tout, appliquez un enduit de plâtre, du gypse ou un panneau décoratif que vous pouvez peindre selon vos envies.

Cette méthode permet d’isoler un conduit de cheminée efficacement tout en préservant un accès éventuel.

Condamnation par l’extérieur

Cette option convient lorsque l’on souhaite empêcher toute infiltration depuis le haut du conduit.

  • Pose d’un chapeau métallique : Un chapeau anti-pluie avec aérateur peut être vissé sur la tête de la cheminée. Il empêche l’eau, les débris ou les animaux de pénétrer.
  • Fermeture étanche : On peut aussi utiliser une tôle galvanisée ou un mélange de mortier pour sceller la sortie.

Cette fermeture est plus durable et prévient les dommages structurels.

Condamnation définitive (maçonnerie)

Lorsque la cheminée ne sert plus du tout et que sa présence devient contraignante :

  • Dépose partielle : On retire la partie supérieure de la cheminée jusqu’au niveau de la toiture.
  • Bouchage en briques : Le conduit est rempli et scellé avec des briques et du mortier.
  • Réfection de la couverture : La toiture est ensuite refermée et légèrement surélevée pour éviter toute faiblesse.

Cette technique permet de boucher une cheminée ancienne de façon permanente. Elle demande toutefois l’intervention d’un couvreur ou d’un maçon qualifié.

Quel type d’isolant utiliser ?

Tous les matériaux isolants ne se valent pas pour condamner une cheminée. Voici ceux les plus recommandés.

  • Laine de roche : Excellente résistance thermique et ignifuge. Idéale pour l’isolation de cheminées grâce à sa densité et sa durabilité.
  • Laine de verre : Moins dense, mais efficace pour les petites ouvertures. Moins performante contre l’humidité.
  • Mousse isolante rigide (polystyrène ou polyuréthane) : Bonne alternative pour des fermetures extérieures combinées à un pare-vapeur. Attention : certains types ne résistent pas aux hautes températures.

Épaisseur recommandée : au minimum 50 mm pour réduire les ponts thermiques.

Assurez-vous que l’isolant choisi soit certifié pour une utilisation à proximité de sources de chaleur résiduelles ou anciennes.

Cheminée ancienne : que faire ?

Les cheminées anciennes, souvent construites en briques ou en pierres, présentent des défis particuliers.

  • Matériaux vieillissants : Les joints de mortier dégradés et les fissures sont fréquents. Ces signes indiquent des infiltrations d’eau ou des cycles gel-dégel répétés.
  • Risques de condensation : Si seule une extrémité du conduit est bouchée, l’air piégé à l’intérieur peut créer de l’humidité. Il faut donc boucher par le haut et par le bas.
  • Conservation esthétique : Pour les maisons patrimoniales, on peut créer une fermeture harmonieuse en utilisant de la maçonnerie apparente ou des parements assortis.

Condamner une cheminée ancienne ne doit pas dénaturer le cachet de la maison. Un professionnel saura proposer des solutions sur mesure.

Faites appel à un expert pour enlever votre cheminée

Condamner une cheminée peut sembler simple, mais la moindre erreur peut entraîner des problèmes d’étanchéité, d’infiltration ou de sécurité. Entre les exigences réglementaires, le choix des bons matériaux et la garantie d’un travail bien fait, faire appel à un professionnel est souvent la meilleure décision.

Chez Les Couvreurs Duro-Toit, nous maîtrisons toutes les étapes de la condamnation ou de l’isolation de cheminée, qu’elle soit ancienne, maçonnée ou métallique. Nous nous assurons que chaque intervention respecte les normes en vigueur, tout en garantissant l’efficacité thermique et la sécurité de votre habitation. De plus, notre expertise vous donne accès à un rapport détaillé, précieux en cas de revente ou d’inspection d’assurance.

Xavier Trépanier

Xavier Trépanier

Expert en toiture depuis plus de 20 ans, je vous partage mon expérience et mes conseils pour vous aider à mieux comprendre l’entretien, la réparation et la rénovation de toitures.

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